La question du logement social ne date pas d'hier. Entre 1900 et 1920, l'âge d'or des cartes postales le consacrait déjà. Taudis, maisons modèles, scènes de luttes sociales sont ainsi représentés, constituant un important témoignage documentaire. L'Union nationale des HLM en réédite aujourd'hui une centaine. «M. Vautour» contre le citoyen Cochon, ancêtre de l'abbé Pierre - Le temps des taudis. A l'aube du XXe siècle, le taudis ne choque pas. Pourtant, la tuberculose tue. L'absinthe aussi. On pense peu à construire, sinon des immeubles «de rapport» - de profit. Pour certains socialistes, tel Jules Guesde, l'idée même de logement social est démobilisatrice, le pire étant le levain du meilleur, c'est-à-dire de la révolte sociale. Le mouvement hygiéniste va établir une corrélation entre maladie et conditions de logement. Le recensement de 1906 donne lieu à une enquête sur l'habitat. A Paris, dans 405 maisons visitées par les services municipaux, on dénombre 1.419 locaux «sans jour ni air ou de dimensions insuffisantes, impossibles à améliorer et qui sont pourtant habités. Pour eux, l'interdiction absolue d'y séjourner est le seul remède». Un conseiller municipal de Paris, Ambroise Rendu, détecte la même année six îlots insalubres dans la capitale. A quoi s'ajoute la «zone»: les anciennes fortifications, vendues par l'armée à la Ville après 1918, soit une bande de terrain circonférent de 32 km où s'entassent cabanes, «maquis», taudis. Monsieur Vautour. L'exiguïté, l'insalubrité
«M. Vautour» contre le citoyen Cochon, ancêtre de l'abbé Pierre dans "Le Logement social à l'âge d'or de la carte postale"
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Publié le 28/01/1995 à 23h54
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