Les chemins télévisuels de la campagne présidentielle ont aussi leurs à-côté, sinon leurs bas-côtés. C'était le cas dimanche, sur Paris Première, au Edern's Club. (Mais, par le biais des rediffusions qui projettent le passé dans la centrifugeuse d'un présent perpétuel, il se trouve que c'était encore hier.) Dans une atmosphère de fumoir littéraire, à la masculinité exacerbée, autour du thème de l'argent, Jean-Edern Hallier recevait notamment Nicolas Sarkozy, porte-parole du candidat Balladur, et Jean-Pierre Chevènement, rallié du bout de sa morale, il est vrai au candidat Jospin. Mais ici, point de débat, bien au contraire. C'est même la seule émission où l'on entendra jamais Nicolas Sarkozy appeler Chevènement par son petit nom, lui donner du Jean-Pierre par-ci, par-là. Et pourquoi pas du Jipé, pendant qu'il y est? Bref. Tandis qu'à la même heure, à quelques canaux de distance, on s'entretue pis qu'à la Saint-Barthélemy en se traitant d'amateur ou de démagogue; tandis que les mêmes essaient de se différencier par l'inventivité de leurs insultes, ici, au Edern's Club, dans le sanctuaire très cuir des idées communes, deux politiques soi-disant adversaires s'exhibent dans leur totale absence de différences profondes. Non qu'ils aient retourné leurs vestes, Chevènement et Sarkozy. Ils l'ont plutôt laissée au vestiaire pour l'occasion littéraire. Et, soudain, en bras de chemise idéologique, dans ce cadre quasi privé, intime et enfumé, on mesure que rien de vraiment cruel ou d'
Sur un plateau : au fumoir idéologique
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Publié le 30/03/1995 à 1h42
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