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Sept étudiants «casseurs» ont été jugés après la manif

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Ils ont décidé de faire appel de leur condamnation .

Publié le 25/11/1995 à 9h57

La prochaine fois, ils apprendront à courir plus vite. Sept étudiants pincés après la manif de mardi et présumés casseurs ont été jugés vite fait mercredi dans la nuit par la 23e chambre correctionnelle de Paris. Six d'entre eux protestent vigoureusement de leur innocence, ce qui n'est pas tout à fait une surprise. Mais force est de constater que les dossiers de la police ont été un peu rapidement ficelés et que les magistrats ne se sont pas embarrassés de subtilités juridiques.

Témoin, Vincent Rougeot, 19 ans, accusé de «tentative de vol, dégradation d'un véhicule automobile, rébellion, injures, vol par rétention». La procédure est carrée: on l'accuse notamment d'avoir piqué une boîte de stylo Creeks dans le magasin Duriez, boulevard Saint-Germain. Le soir même, un policier signale, sur procès-verbal, que le directeur du magasin «nous a donné le signalement d'un des auteurs (...), à savoir: un homme de 1,75m, un chandail à capuche gris, un bombers bordeaux, qui lui a dérobé plusieurs articles». Vincent porte effectivement un bombers bordeaux.

Sauf que le gérant n'était pas là pendant la manif. Il a déclaré le lendemain: «N'étant pas témoin visuel des faits sus-mentionnés, je suis dans l'impossibilité de vous communiquer le moindre signalement des voleurs.» Il a quitté le magasin un quart d'heure avant l'arrivée des manifestants, et c'est l'une de ses deux vendeuses qui a vu arriver les pillards. Elle n'a jamais été entendue par la police. «Je ne peux pas vraiment les décrire,

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