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Enquête

Le sous-sol est un gruyère

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Sous les pavés de Paris, 300 kilomètres de galeries. Exploité dès les Romains pour bâtir, il est aujourd'hui étroitement surveillé.

Publié le 10/01/1996 à 0h05

Le coiffeur tenant boutique au 79, boulevard Saint-Michel venait à peine de mettre les pieds sous la table vers 18 heures, quand il vit couverts, plats et mets, et la table elle-même, disparaître devant lui, en même temps que le mur de façade de sa maison et la vitrine au-dessous. Penché au bord du désastre, le coiffeur pouvait voir un trou de onze mètres de profondeur sur sept de large qui courait sur dix-huit mètres de boulevard en plein Paris. C'était le 30 juillet 1880, le dernier affaissement spectaculaire dans la capitale. Ce n'était donc pas le premier. En quatre ans, six immeubles de la rue de la Santé et trois immeubles du passage Gourdon avaient disparu dans les profondeurs et suscité une émotion que l'on imagine vive des voisins et plus généralement des Parisiens. A tel point que les propriétaires lésés s'en étaient remis à la justice pour obtenir réparation de la Ville. C'était mal connaître le code civil, qui fait du propriétaire d'un terrain le responsable du sous-sol. Le préfet de la Seine prit donc un arrêté pour qu'à l'avenir tout propriétaire d'un terrain situé sur les anciennes carrières soit tenu de consolider le sous-sol avant de bâtir. Les lois n'ont pas changé depuis.

Des maisons entièrement englouties par les souterrains, ça n'arrive plus à Paris. Fondée en 1777, à la suite justement d'une série de ces éboulements qui entraînaient indifféremment à des profondeurs infernales quelques décamètres de routes, un pâté de maisons ou un coin de bois, l'Inspect

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