Le président du FN assigne aujourd'hui en référé la chaîne publique pour le reportage de l'émission Envoyé spécial. Défendu par sa fille Marine Le Pen, il dénonce dans un communiqué la «vision crypto-totalitaire» du document et demande que soient supprimés des passages de l'émission relatifs aux conditions dans lesquelles il avait perdu un oeil, aux problèmes posés par l'héritage des Ciments Lambert dont il avait bénéficié, ainsi qu'à la possible existence de comptes bancaires en Suisse (révélée par Guy Konopnicki dans son livre les Filières noires du FN). Plus étonnant, il demande aussi la suppression des extraits de ses discours au titre des «droits d'auteur». L'émission est en effet largement construite sur des images d'archives (discours publics, réunions de campagne, conférences de presse...). L'audience doit avoir lieu ce matin à 11h devant le premier vice-président du tribunal de grande instance de Paris, Jean-Jacques Gomez, c'est-à-dire quelques heures avant la diffusion du reportage. Pour le directeur du service juridique de France 2, qui invoque «le droit à la libre critique», il s'agit d'une «censure préalable» qui «n'est pas justifiée».
Stratégie du procès. Le procès contre Envoyé spécial s'inscrit parfaitement dans une «bataille» qui a commencé il y a plus d'un an. Depuis plusieurs années, le Front national et Jean-Marie Le Pen mène une stratégie du procès systématique. «Nous entendons mener et gagner la bataille du vocabulaire», expliquait Bruno




