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Interview

PS EN EUROPE. Une interview de Michel Rocard. «Un même combat contre la sauvagerie sociale» La leçon de Tony Blair; le clivage Nord-Sud en Europe; les handicaps des Français""

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Publié le 14/05/1997 à 2h51

Michel Rocard, Premier ministre de 1988 à 1991, ancien premier secrétaire du Parti socialiste est aujourd'hui sénateur PS des Yvelines. Pour Libération, il fait part de ses réflexions sur la social-démocratie en Europe.

La victoire de Tony Blair au Royaume-Uni sur un programme intégrant les acquis de dix-huit ans d'ultralibéralisme ne pose-t-elle pas de questions aux autres dirigeants socialistes d'Europe?

Si bien sûr, mais personne n'a fait une lecture complète de son programme. La célébrité de Blair est bâtie sur le fait que l'aspect économique est relativement peu ambitieux, et intègre dix-huit ans de thatchérisme. Mais il intègre aussi la difficulté d'en changer, compte tenu de l'extraordinaire dépendance de la Grande-Bretagne, à la volatilité financière internationale et à l'internationalisation de l'économie. Mais on a oublié qu'il y avait une compensation avec un programme de réformes démocratiques: la prise en charge des problèmes de dignité de l'homme, de fonctionnement de la démocratie, et de restauration du lien social de proximité.

N'y a-t-il pas divergence entre vous sur le rôle de l'Etat?

En instantané, chacun des partis sociaux-démocrates d'Europe a sur le poids relatif de l'Etat chez lui des visions en effet fortement différentes. Nous sommes parmi ceux qui veulent encore que les outils de régulation publique demeurent plus puissants et efficaces qu'ils ne le sont. Mais l'important n'est pas là: l'enjeu est le rôle même de l'Etat, c'est un combat philosophique contre la disparition de la règle, contre l'acceptation de plus de sauvagerie sociale comme prix de la compétitivité. Si vous mettez les choses en perspective, vous cueillez tous les sociaux-démocrates sur la même pente. En instantané, ils ne sont pa

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