Etre favori des Français pour le poste de Premier ministre ne conduit pas forcément à être le premier dans le coeur du président de la République. Or la fonction de chef de gouvernement est une élection à un tour, dépendant d'un corps électoral réduit à une seule personne: le chef de l'Etat. A la limite, c'est un handicap que de paraître porté par une volonté populaire plutôt que présidentielle. Aucun chef d'Etat en exercice n'aime se voir forcer la main. Et pourtant, il existe des situations où la candidature potentielle de tel ou tel à Matignon s'impose à l'hôte de l'Elysée comme une option difficilement contournable. A cet égard, Philippe Séguin et Michel Rocard ont des destins communs. En 1988, une fois sa réélection acquise, François Mitterrand a la liberté d'un seul choix: nommer Michel Rocard au poste de Premier ministre. Pierre Bérérovoy et quelques autres peuvent bien se pousser du col, on imagine mal que le candidat victorieux de «la France unie», dont l'aggionarmento idéologique l'a conduit à parler rocardien en économie, n'appelle pas à ses côtés l'homme de la «deuxième gauche». La configuration parlementaire de l'époque impose, d'autre part, une personnalité susceptible de rallier des centristes. François Mitterrand se justifiera ultérieurement de la nomination d'une personne qu'il exécrait (un sentiment au demeurant bien partagé) par la nécessité de «lever l'hypothèque Rocard». En clair, de le laisser se planter pour en être débarrassé définitivement. Près de d
Analyse
Rocard-Séguin, la double hypothèque.
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Parallèles entre un ancien et un nouveau favori au poste de Matignon .
Publié le 15/05/1997 à 2h45
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