Mercredi 17 mai 1995 - diman- che 25 mai 1997: deux ans de cauchemar
à Matignon. Les deux années d'Alain Juppé comme Premier ministre de la France ressemblent à l'un de ces mauvais rêves où chaque tentative de s'en sortir vous enfonce un peu plus. Maladresses, fautes de communication et surtout absence de résultats dans la lutte contre le chômage, «le meilleur d'entre nous», comme l'avait appelé Jacques Chirac en septembre 1994, aura accumulé les erreurs tactiques et stratégiques, laissant, impuissant, son mandat sombrer dans l'impopularité.
Mordant. Jamais Premier ministre n'a pris autant de coups en si peu de temps. Jamais non plus un locataire de Matignon n'a chuté autant et en si peu de temps dans les sondages. Qui s'en souvient? En mai 1995, dans la foulée de la victoire euphorique de Jacques Chirac, la cote de popularité d'Alain Juppé se situe à un très haut niveau: 59% de satisfaits. Quatre mois et le limogeage d'Alain Madelin plus tard, sa cote de popularité tombe à 29%. «Il faudrait qu'il apprenne à écouter les autres. A dire merci. Et à en faire moins», lance alors Charles-Amédée de Courson, un député CDS pourtant bonne pâte. Depuis, le Premier ministre n'est pas parvenu à inverser la tendance, malgré deux modestes embellies, au printemps 1996 et au début de cette année. Juppé le mal-aimé. Mais Juppé s'en soucie comme d'une guigne. Mordant, arrogant, autoritaire avec ses collaborateurs, ses ministres et les membres de sa majorité, il multiplie comme à plaisir les ini




