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Portrait

Michel Gauche

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Michel Field, 43 ans, anime «Public», le dimanche à 19 heures, et devient la caution de gauche de TF1 à la suite d'Anne Sinclair.

Publié le 06/09/1997 à 9h32

C'est pratique, la dialectique. Cela permet de faire tout et son contraire, de concilier la marge et le centre, la gauche et la droite, le beurre et l'argent du beurre, Orson Welles et Claude Berri, le désir et la raison" et surtout de s'en tirer toujours, impeccable. La dialectique, c'est dire «je n'aurais jamais songé à"»: aller sur TF1 pour remplacer Anne Sinclair le dimanche soir à 19 heures; poser dans Paris-Match comme un Jean-Pierre Foucault au bord de sa piscine pour vendre Public, la nouvelle émission «quête de sens» de la Une; accepter d'être choisi par l'Elysée pour interviewer Jacques Chirac, le 12 décembre 1996, contre 30 000 francs; monter une boîte de production (la Field Compagnie), gagner 200 000 francs par mois; acheter il y a deux mois une Mercedes 320 cabriolet et d'avoir peur de la rayer" Puis se dire, après un quart d'heure de réflexion: «Bon allez, j'y vais, je le fais.» Eventuellement le regretter ensuite. Mais retomber toujours sur ses pattes comme un gros matou qui serait passé par la fenêtre à force de se pencher.

Parmi les anciens gauchistes, pour faire court, il y a ceux qui ont su prendre le train. Et ceux qui sont passés dessous, par désespoir. «J'ai arrêté de militer à 21 ans. Ce qui m'a sauvé, c'est l'investissement dans les études en même temps que la politique.» On le renvoie sans cesse à ses années passées à la LCR (Ligue communiste révolutionnaire), au journal Rouge, auquel il a collaboré, à son fait d'arme de 1973 lorsqu'il prit la tête d

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