Un maniaque d'Hollywood appellerait ça: contrat de plan, le retour.
Plus prosaïquement, le ministre communiste des Transports, Jean-Claude Gayssot, a l'intention de remettre au goût du jour un contrat de plan entre l'Etat et la SNCF, alors que ce type d'exercice avait été abandonné après la grande grève de novembre-décembre 1995. Son rétablissement, aujourd'hui, n'est pas innocent. Depuis sa nomination au gouvernement, l'ancien cheminot Jean-Claude Gayssot s'emploie à déminer un terrain qu'il sait socialement sensible. Plan de route. Instauré par la loi d'orientation des transports intérieurs de 1982 de Charles Fiterman, dite Loti, le document détermine pour cinq ans les relations financières et les grandes lignes stratégiques entre l'Etat et l'entreprise publique. Un plan de route, en quelque sorte. En 1995, son contenu avait surtout cristallisé les angoisses des cheminots. Mais paradoxalement, les mêmes n'ont pas cessé, depuis, de réclamer le retour de ce document qui leur donne une visibilité sur les enjeux et les rassure sur l'autorité de l'Etat. Par ces temps de dérégulation européenne, cet aspect-là des choses n'est pas négligeable. Et Jean-Claude Gayssot doit manoeuvrer avec une arête dans la gorge: le Réseau ferré de France (RFF), mis en place par son précédesseur RPR, Bernard Pons. Cette nouvelle entité, créée par le gouvernement Juppé et votée par l'Assemblée en février 1997 pour s'occuper des infrastructures du chemin de fer, a toujours été dénoncée par les syndi




