A deux jours de l'ouverture de la Conférence sur les salaires,
l'emploi et la réduction du temps de travail, les syndicats, CGT en tête, entendaient user d'une journée d'action pour lancer un «message» à l'intention du gouvernement. «Il doit répondre à l'exigence d'une loi cadre sur les 35 heures, mais aussi inciter à des négociations salariales» dans les branches et les entreprises, expliquait-on. La mobilisation à la SNCF et à la RATP aura-t-elle été assez puissante pour impressionner et peser? Comme prévu, le trafic des trains et des métros a été, hier, bien perturbé. Un train sur trois par-ci, une rame sur deux par-là. Mais rien de spectaculaire. La première grève des transports depuis l'arrivée au pouvoir de Jospin a mobilisé 30% des cheminots, selon les estimations communiquées hier par la direction de la SNCF. Comme d'habitude, les agents de conduite se sont montrés les plus assidus. La grève d'hier, lancée pour 24 heures par les syndicats CGT, CFDT, FO, FGAAC (agents de conduite autonomes) et SUD-Rail, se révèle d'une amplitude tout à fait comparable à celle du 30 janvier 1997. Mais c'est moins que la mobilisation du 17 octobre 1996. 42,5% des cheminots avaient cessé le travail pour réclamer notamment des emplois. La journée d'action était conçue avant tout comme un moyen de faire monter les enchères à l'avant-veille de la Conférence sur l'emploi. «Nous souhaitons participer à cette pression nécessaire pour obtenir une réduction du temps de travail généralisée, à la




