Octobre 1997 rappelle février 1997. D’une loi (Debré) à l’autre (Chevènement), les pétitions se multiplient. En dix jours, quatre appels et contre-appels se sont répondus. La semaine dernière (donc avant les déclarations de Lionel Jospin au Parisien), Libération a réuni quatre signataires. Gérard Mordillat, réalisateur, a signé la pétition parue le 2 octobre dans le Monde pour «la régularisation de tous les sans-papiers qui en avaient fait la demande». Emmanuel Terray, anthropologue, a signé, outre cette pétition, l’appel lancé par dix-sept intellectuels et paru le 5 octobre dans le Journal du dimanche. Ses cosignataires demandent au gouvernement de «cesser de tergiverser avec ses propres engagements» électoraux et d’ouvrir un débat qui conduise à une loi sur l’immigration «juste, digne, humaine».
En réaction, Juliette Minces et Christian Bachmann, sociologues, ont signé, avec onze intellectuels, un appel paru dans Libération le 7 octobre. Ils y attaquent ceux qu’ils appellent les «intellectuels laxistes et angéliques», et leur demandent de sortir l’immigration de l’«arène démagogique». Ils expliquent pourquoi.
Régularisations
Emmanuel Terray. Aucun des signataires des deux pétitions n’exige une totale liberté d’installation de quiconque sur le continent européen. Mais le gouvernement a décidé une opération exceptionnelle de régularisation et 100 000 personnes se sont déclarées. Que va-t-il advenir d’elles? Nous ne demandons pas ce qu’il adviendra de tous les sans-papiers du




