La bataille des 35 heures provoque parfois de drôles d'acrobaties.
«Ce n'est pas parce qu'un système est bon qu'il faut le généraliser», estime Gilles de Robien, le père de la loi sur la réduction du temps de travail du 11 juin 1996 qui a largement inspiré le projet actuel du gouvernement... Le dispositif Robien, condamné à disparaître, permet des aides financières aux entreprises qui s'engagent à embaucher ou à maintenir leurs effectifs en échange d'une réduction du temps de travail. Celui de Martine Aubry aussi. Mais le député UDF de la Somme ne veut pas franchir une ligne jaune: l'obligation faite à toutes les entreprises de se plier à la règle.
«Le gouvernement, même si son image est bonne, a une attitude autoritaire. Le Premier ministre commet une faute en voulant passer en force», affirme Gilles de Robien, qui se dit «inquiet des possibilités d'une forte dégradation du climat social». S'il brocarde volontiers la méthode Jospin «un pistolet sur la tempe d'un négociateur qui dit: négociez ou je tue» , Gilles de Robien peut néanmoins difficilement prendre fait et cause pour le CNPF. Revanche. En 1996, l'organisation patronale avait tiré à boulets rouges contre son «dispositif imbécile qui encourage les entreprises à la fraude» selon les termes employés alors par Pierre Bellon, PDG de la Sodexho et vice-président du CNPF. Le député-maire d'Amiens savoure aujourd'hui sa revanche: «Si le patronat n'avait pas cartonné contre ma loi, on aurait pu échapper au dogmatisme actu




