Les énormes pertes du GAN (entre 40 et 50 milliards de francs)
inquiètent les députés, de gauche comme de droite. Ils ont profité de la discussion sur la loi de finances rectificative, hier, pour manifester leur agacement. Le texte le «collectif budgétaire», dans le jargon parlementaire prévoit en effet que l'Etat prendra à sa charge, pour un montant indéterminé, les pertes que la compagnie d'assurances publique, en voie de privatisation, pourrait subir en raison de ses déboires immobiliers entre 1992 et 1996.
La Commission des finances de l'Assemblée a refusé d'accorder ce «chèque en blanc» au gouvernement, selon l'expression de son président, Henri Emmanuelli (PS). Elle a adopté, sur proposition du rapporteur du Budget, Didier Migaud (PS), un amendement qui limite à 9 milliards le montant que l'Etat est autorisé à apporter au GAN. En gage de bonne volonté, le gouvernement s'apprêtait à déposer, hier soir en séance, un amendement allant dans le même sens. A vrai dire, ce plafond de 9 milliards est de toute façon impératif, puisque la Commission européenne a prévenu qu'elle ne permettrait pas qu'il soit dépassé, afin de ne pas créer de distorsion de concurrence vis-à-vis des autres compagnies d'assurances.
Le groupe RCV (Radicaux, Citoyens, Verts) a pour sa part demandé, sur proposition du chevènementiste Georges Sarre, la constitution d'une commission d'enquête sur les causes et les responsabilités dans l'affaire du GAN, à l'image de celle qui avait été créée sur le Crédit




