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Dimanche, dans le Pas-de-Calais, premier tour de l'élection municipale. A Béthune, le système Mellick soumis au vote. Privé de ses mandats par la justice, l'ancien maire reste le patron.

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Publié le 06/12/1997 à 15h16

Jacques Mellick, inéligible jusqu'en 2001, est à nouveau en

campagne. Dimanche, Béthune élit un nouveau maire. Au 1376, rue de Copernic, une douzaine de mamies font la causette en introduisant mécaniquement des calendriers dans des enveloppes. Cette ancienne usine confortablement réaménagée n'est pas un club du troisième âge. C'est la section du PS local, le fief de Mellick. «C'est notre chef, lance Jacqueline, et je lui serai fidèle jusqu'à la mort.» Sur le calendrier, une photo: Claude Lagache, austère. C'est l'actuel maire et la tête de liste PS tendance Mellick aux municipales. Derrière lui, le dominant de plusieurs centimètres, Mellick sourit largement. Les grands-mères n'ont pas d'états d'âme. Leur idole a menti à la justice? «Et alors, qui n'a jamais menti?», répond l'une. Lagache est une marionnette? «Non monsieur, c'est un fidèle qui garde la place au chaud jusqu'en 2001!» Et toutes d'applaudir à la repartie .

La semaine dernière, les parents d'élèves de Béthune ont reçu, sous enveloppe postée, une jolie plaquette. Onze pages de quadrichromie pour vanter le «plus vaste chantier jamais entrepris par une ville ["] pour rénover tous ses groupes scolaires». La douzième est une pub pour Dumez EPS, filiale BTP du groupe Suez Lyonnaise des eaux. Les enveloppes ont été affranchies par Dumez. «Ça, c'est du Mellick tout craché! Vous voyez, le système fonctionne toujours», assure l'avocat Bruno Dubout. Le «système Mellick», Dubout le connaît bien. Avant de créer Agir pour Béthun

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