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Libération

Une constante du discours lepéniste

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Les «dérapages» font partie d'une stratégie contestée même au FN.

Publié le 27/12/1997 à 14h36

En qualifiant, le 13 septembre 1987, au cours de l'émission de radio «le Grand jury RTL-Le Monde», les chambres à gaz de «point de détail de l'histoire de la Deuxième Guerre mondiale», et en affirmant qu'il n'a pu lui-même «en voir», Jean-Marie Le Pen sait qu'il va déclencher une tempête médiatique. Et de fait, sa déclaration lui permettra d'occuper le devant de la scène plusieurs semaines durant. A quelques mois de l'élection présidentielle de 1988, l'opération est parfaitement réussie, même si cette provocation le met au ban de la classe politique. Les associations antiracistes avaient réagi d'abord sur le plan judiciaire. Neuf d'entre elles, dont le MRAP et la Licra, se sont portées parties civiles. Dans un arrêt du 28 janvier 1988, la cour d'appel de Versailles considère que l'expression employée par le dirigeant du Front national «revient à ramener ainsi à un simple fait de guerre ["] des actes ayant été jugés constitutifs de crimes contre l'humanité». Dans un second arrêt du 18 mars 1991, la même cour le condamne à verser 100 000 francs à chacune des neuf associations.

Jeu de mots. Entre-temps, Le Pen remet ça. Le 2 septembre 1988, en fin du repas de clôture de l'université d'été du FN au Cap-d'Agde, il ose un jeu de mot particulièrement douteux: il qualifie Michel Durafour, ministre de la Fonction publique dit «d'ouverture», de «Monsieur Durafour-crématoire». Nouveau feuilleton procédural. En mars 1991, le tribunal correctionnel de Nanterre le condamne

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