L'atomisation du mouvement nationaliste corse, déjà passablement
divisé, se poursuit inexorablement. La Cuncolta naziunalista, le parti proche des clandestins du FLNC-Canal historique, vient de connaître une nouvelle scission, avec la création du collectif Per a nazione. Emmené par une trentaine d'ex-militants Cuncolta, ce nouveau groupe affiche d'entrée son radicalisme, en affirmant que «l'indépendance nationale pleine et entière de la nation corse est aujourd'hui le seul moyen crédible qui permettra à notre peuple de sortir de la situation dramatique dans laquelle il se trouve». Façon très claire de se démarquer de la ligne du parti, qui a depuis longtemps rayé le mot «indépendance» de son vocabulaire pour le remplacer par une revendication de statut particulier de type département d'outre-mer. Autre attaque en direction de la Cuncolta, la dénonciation des «manipulations répétées du mouvement national par l'Etat colonial français, ses polices et ses relais» traduit le malaise de nombreux militants depuis un certain 16 décembre 1996. Ce jour-là, François Santoni, secrétaire national de la Cuncolta pour la Corse-du-Sud, accusé de racket et recherché par la police, se rendait sans résistance. Véritable chef de guerre et patron omniprésent, interlocuteur incontournable des envoyés officieux du gouvernement, Santoni préférait le refuge du commissariat de Bastia aux rigueurs du maquis. Sa reddition était suivie, le 7 janvier, par celle d'un autre haut responsable, Jean-Michel Ro




