Question Audimat, Lionel Jospin a crevé le plafond mercredi soir
avec plus de 12,5 millions de téléspectateurs. Ecouté, il n'a pas, pour autant, été entendu par les chômeurs. Hier, plusieurs associations ont appelé à une manifestation le 27 janvier à Paris et dans les régions. Hubert Constancias (MNCP) a indiqué que «les chômeurs ont du mal à croire» le gouvernement: «Cela fait vingt ans que l'on nous explique que la croissance va résoudre le chômage et cela fait vingt ans que cela n'apporte rien. Il faudrait au moins une croissance de 7,8 ou 9 points pour que le chômage disparaisse dans dix ans!» «On est très loin du compte», a affirmé Christophe Aguiton (AC!), qui a estimé à «un peu moins de 100 F par personne» l'apport du «rattrapage» de l'ASS (allocation de solidarité spécifique) annoncé par le Premier ministre. Claire Villiers (AC!) a indiqué «une multiplication des initiatives en vue de la loi contre l'exclusion.»
Aussitôt dit, aussitôt fait. A Lille, un millier de chômeurs ont défilé. A l'issue de la manifestation, une dizaine d'entre eux se sont brièvement opposés aux CRS. A Paris, une petite centaine de chômeurs et de militants du «collectif des chômeurs et précaires» a envahi pendant cinq heures le siège du PS, rue de Solférino. Après avoir cassé un portrait de François Mitterrand, ils ont déployé une banderole au premier étage de l'immeuble proclamant: «Nous voulons tout, et nous prendrons le reste.» Les socialistes ont condamné «ce type de pratique minoritaire»,




