Même les ministres ne sont pas d'accord entre eux. Martine Aubry,
ministre de l'Emploi et de la Solidarité, estime que la réduction du temps de travail (RTT) pourrait créer entre 400 000 et 1 million d'emplois. Dominique Strauss-Kahn, ministre de l'Economie et des Finances, évoque une fourchette de 300 000 à 350 000 créations d'emplois.
Qui croire? A première vue, les travaux réalisés ces derniers mois par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la Banque de France ou le ministère de l'Economie ne concordent pas. Les uns promettent monts et merveilles: jusqu'à 700 000 emplois créés en un laps de temps assez court. Les autres envisagent, en cas de blocage, une minicatastrophe, avec plusieurs dizaines de milliers d'emplois détruits à l'échéance de 2002 (voir tableau). En réalité, les études en question ne sont pas si contradictoires qu'elles en ont l'air. Quand les hypothèses de départ sont semblables, les résultats sont comparables. Ainsi, les travaux réalisés de façon indépendante par l'OFCE et la Banque de France pour le ministère de l'Emploi donnent un même chiffre de créations d'emplois: 700 000. Favorable. Il convient de préciser que, dans ce cas, les données de départ ont été fournies par les services de Martine Aubry. Les chercheurs se sont donc contentés de les introduire dans leurs ordinateurs puis de faire tourner leurs modèles. Ils arrivent à peu près aux mêmes conclusions, ce qui est rassurant pour eux (et pour les ordinateurs). Le problème, co




