Martine Aubry s'est fait un copain inattendu. Jeudi après-midi, au
troisième jour du débat sur les 35 heures à l'Assemblée nationale, Pierre Lellouche (RPR, Paris) s'était déchaîné contre la ministre de l'Emploi. Rappelé à l'ordre par le président de séance, le trublion se fait agneau le soir. «Chère madame le ministre, je vais vous surprendre: sur l'idée d'explorer, dans un pays qui souffre, la piste de la réduction du temps de travail, intellectuellement et politiquement, je vous rejoindrais"» «Là où je me sépare de vous, et je le regrette, car j'ai beaucoup d'estime pour vous"» «On se calme!» l'interrompt-on sur ses propres bancs. Il est 22 heures. Assise sur le banc des ministres, Martine Aubry peut enfin se détendre. Pour quelques heures au moins, la guérilla avec les jeunes parlementaires de droite s'apaise. RPR et UDF ont accepté de réduire de moitié les interventions générales sur l'article premier du projet de loi. Et, dans une ambiance goguenarde, ils se sont essayés à diverses variations sur les dangers des 35 heures. «Dans le prix de la pomme, le coût de la main-d'oeuvre entre pour 70%» (Marc Laffineur, UDF, Maine-et-Loire); «les salariés trinqueront» (Thierry Mariani, RPR, Vaucluse); «j'ai envie de vous répondre avec une expression de ma grand-mère: tu dirais cela à un cheval de bois, il te donnerait un coup de pied» (Michel Herbillon, UDF, Val-de-Marne, en réponse à Martine Aubry qui assurait que cette loi n'était pas un carcan). Fête. Les parlementaires de l




