L'affaire s'annonce épineuse: les deux Marocains placés en garde à vue une heure après l'assassinat du préfet vont être remis en liberté à l'issue de leur garde à vue, mardi soir, ou dès qu'ils auront donné une version satisfaisante de leur emploi du temps. Mais les enquêteurs n'ont plus de doute: ce ne sont pas les tueurs. Et l'opération paraît aux policiers plus invraisemblable que jamais, coup tordu digne des grandes heures de l'histoire corse.
Prélèvements négatifs. Il est presque 21 heures, vendredi soir, lorsque Claude Erignac dépose sa femme devant le Kallisté, un cinéma-théâtre tout près de la gare d'Ajaccio, qui donne la Symphonie héroïque, jouée par l'orchestre d'Avignon. Claude Erignac fait le tour du pâté de maisons et gare sa voiture sur un trottoir, cours Napoléon, comme tout le monde. «J'étais au théâtre, raconte un témoin, j'ai entendu quatre coups de feu, un puis trois, on est sorti aussitôt. Il y avait un homme face contre terre, la moitié du crâne arraché, qui baignait dans le sang. Il avait encore des clés à la main.» Claude Erignac, 60 ans, est mort de trois balles dans la nuque, tirées par derrière. La police est là tout de suite, retrouve aussitôt l'arme du crime, un Beretta 9mm, un chargeur un peu plus loin et trois ou quatre balles éjectées mais non percutées. Un jeune homme assure avoir tout vu. Les tueurs étaient deux, d'origine maghrébine, habillés «allure sportive»: sweat-shirt, blouson. Il est sûr de lui, et comme il remonte avec




