Cet après-midi, le projet de loi sur les 35 heures sera
solennellement voté en première lecture à l'Assemblée nationale. Aucune difficulté à prévoir: après deux semaines de débats, la majorité plurielle a tenu bon. Les communistes et les Verts ont réussi à imposer quelques-uns de leurs amendements; pour sa part, la droite n'a réussi à en placer que deux, mineurs, sur le millier déposé par ses soins. Le texte, qui sera examiné par le Sénat à partir du 3 mars, impose la réduction du temps de travail à 35 heures en l'an 2000 pour les entreprises de plus de 20 salariés, en 2002 pour toutes les autres. Des aides financières doivent les inciter à s'engager dans cette voie, sans attendre la date-butoir tant contestée par le patronat. Pendant toute la durée des débats, Libération a suivi Martine Aubry à l'Assemblée nationale comme dans les coulisses du ministère de l'Emploi et de la Solidarité, à quelques réunions près. Récit au quotidien d'un marathon parlementaire.
Prologue: «Mots croisés»
«Vous ne trouvez pas qu'il fait froid, monsieur Balladur?» Martine Aubry se penche par dessus la table. «Oui, oui, il fait froid», grommelle l'ancien Premier ministre, glacial. Ce lundi 26 janvier, à la Cité des Sciences de La Villette à Paris, les deux adversaires politiques, réunis par France 2 sur le plateau de l'émission Mots croisés pour un débat sur les 35 heures, s'épient du coin de l'oeil, mais ne se parlent pas. Conseillers et amis de chacun doivent s'asseoir derrière leur mentor respe




