La place du marché est noire de monde, Jacques Chirac monte gravement à la tribune, devant le monument aux morts. Bref discours, aux côtés du Premier ministre, de Laurent Fabius, président de l'Assemblée nationale, et de cinq membres du gouvernement en rangs protocolaires. A la suite, samedi, du ministre de l'Intérieur, il a insisté sur «la folie meurtrière» et «la dérive mafieuse», formule employée pour la première fois par un président de la République, devant tout ce que la Corse compte de notables.
«Emotion». Le discours de Jacques Chirac est classiquement balancé en deux parties. «C'est l'émotion et la tristesse qui nous rassemblent aujourd'hui, assure le chef de l'Etat, c'est aussi l'indignation et le refus.» Il rend d'abord un long hommage à Claude Erignac, le préfet de la région Corse assassiné vendredi, «homme de coeur et de conviction, homme de contact et attentif à tout et à tous», à qui il portait «personnellement la plus grande estime». Puis, «à travers Claude Erignac, c'est l'autorité de l'Etat et l'intégrité de la France que certains ont voulu attaquer et mettre en cause. La folie meurtrière, la politique du pire, la dérive mafieuse ont armé le bras de quelques-uns contre ce que représentait le préfet, c'est-à-dire l'Etat, dont il était l'incarnation et le symbole. Nous ne le tolérerons pas.» La foule applaudit, les élus suivent discrètement.
Après une diplomatique incise sur la Corse, «dont l'identité et la spécificité sont connues de tous», Ja




