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Femmes en tête, les Corses défilent contre la violence.

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40000 personnes mobilisées, un record. Sans banderoles ni slogans, en silence, des milliers de personnes ont répondu hier dans toute l'île à l'appel du Manifeste pour la vie, mouvement créé par des femmes en 1994.

ParMichel Henry
Franck JOHANNES
Ajaccio, envoyés spéciaux.
Publié le 12/02/1998 à 20h06, mis à jour le 12/02/1998 à 20h06

«Les femmes d'abord!», crie un homme. Elles sont bien là, unies, graves. Neuf enfants les précèdent, qui se tiennent par la main. Il est 17h, sur le cours Napoléon, qui surplombe la gare d'Ajaccio. Ils sont 18 000, selon la préfecture. Plus, sans doute. En tout cas, de mémoire de policier, la plus grosse mobilisation ajaccienne. A Bastia, au même moment, la police compte 15000 manifestants. Avec d'autres villes, la Corse a mobilisé hier, à l'appel des femmes du Manifeste pour la vie, environ 40 000 personnes contre la violence: sur 260 000 habitants, c'est énorme: 15% de la population.

En famille. A Ajaccio, quelques applaudissements marquent le départ de cette «marche du silence», mais des «chuuutt!» réprobateurs les arrêtent vite. Pas de banderoles, pas de discours. Un seul slogan: le silence. Entre l'endroit où Claude Erignac est tombé, vendredi soir, trois balles dans la nuque, et la préfecture où il travaillait, on avance lentement, comme à une procession où il y aurait quand même de l'espoir. On est venu en famille, avec les enfants, avec le chien. A la sortie du boulot, ou après les courses. Il y a des visages graves, des sourires aussi, des signes de tête discrets: «Tu es là, toi aussi.» «Ils vont voir que les Corses en mettent un coup», dit un homme.

Les rideaux des commerçants sont baissés. On entend juste les téléphones portables, et parfois un rire d'enfant, qu'une mère tente sans succès de faire taire. Il y a des murmures, l'ambiance est moins gra

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