De la rue, des chômeurs sautent dans l'arène politique. Pour la
première fois en France, des listes de candidats privés d'emploi ont été déposées pour les élections régionales. Une douzaine, réparties sur la majeure partie du territoire: en Ile-de-France, en Provence-Alpes-Côte-d'Azur, dans le Limousin, le Nord-Pas-de-Calais, dans les Pays de la Loire ou en Midi-Pyrénées. La plupart de ces listes, «plutôt de gauche mais sans étiquette» précisent ses initiateurs, relève d'une démarche locale de quelques individus. Afin de ne pas rester isolés, les candidats ont décidé de se regrouper. Lundi, lors d'une conférence de presse commune, ils présenteront leur programme: «Le prolongement du mouvement de décembre-janvier», trop vite arrêté à leur goût. Au menu, le relèvement des minima sociaux, un revenu pour les jeunes, les transports gratuits, et des revendications locales. Aucune des associations actives durant le mouvement des chômeurs (AC! Apeis, MNCP ou les comités CGT) ne soutient pourtant ces initiatives, même si, localement, bon nombre de leurs militants figurent sur les listes déposées. Ainsi Simon Hadjedj, qui pilote la liste parisienne, est vice-président du MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires). «On est très réservés par rapport à ce genre de chose», affirme Claire Villiers, d'AC! (Agir ensemble contre le chômage!). «A mon avis, c'est une erreur, renchérit Richard Dethyre, président de l'Apeis (Association pour l'entraide, l'information et la solidarité




