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Portrait

L'explorateur d'épaves

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Alain Conan, 53 ans, plongeur sous-marin et chasseur de trésors, explore les épaves tels les bateaux de Lapérouse.

Publié le 14/03/1998 à 20h31

«A-t-on des nouvelles de monsieur de Lapérouse?» A la veille de monter à l'échafaud, Louis XVI a une pensée pour ce navigateur dont la dernière missive, parvenue d'Australie, date de 1788. A Paris, tout le monde ignore encore que Jean-François de Galaup, comte de Lapérouse, a trouvé la mort en plein Pacifique, dans l'archipel des îles Salomon. Quarante ans de silence avant que Peter Dillon, une grande gueule d'Irlandais qui navigue entre Valparaiso et Pondichéry, découvre les vestiges d'un naufrage qui lui vaudront la gloire et, comme promis par Louis XVI, 10 000 F de récompense. Deux siècles d'oubli avant que l'équipe d'Alain Conan s'acharne et arrache des fragments d'histoire échoués dans les brumes de Vanikoro.

«J'ai une passion pour tout ce que je peux extraire, explique Alain Conan. Cela oblige à se souvenir, à revenir sur le passé. En ramenant ces objets à la surface, je leur donne une seconde vie.» Souvent, la première fut tragique. Pour remonter le cours du temps, il faut descendre vers ces profondeurs où gisent les tombes ouvertes. Confusion de bois et d'acier transpercée par la brillance des poissons, flèches furtives qui accrochent des fils de couleur au cimetière sous-marin. Mais avant de fouiller les eaux claires du Pacifique, Alain Conan, pour sa première plongée, «gratte» l'estuaire de la Loire où, en mai 1940, des milliers de personnes ont été englouties. Sous le feu des bombes allemandes, la mer est en flammes. «Les épaves portaient la trace des incendies. Au

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