José Rossi a réussi son pari: en dépit d'un score moins brillant que
prévu au premier tour des élections régionales (12,05%), le député UDF-DL a été élu hier à la présidence de l'Assemblée de Corse et dispose, pour le moment, d'une majorité absolue. Ce n'était pas gagné. La droite est partie à la bataille éparpillée sur quatre listes, qui ne se sont pas franchement ménagées, au point de faire exploser la majorité municipale d'Ajaccio. Trois des listes ont fusionné entre les deux tours, celle de Jean Baggioni (RPR sans investiture), ancien chef de l'exécutif corse, celle de Paul Natali (divers droite), jusqu'ici homme fort de Haute-Corse, et celle de Rossi. Restait le cas de Philippe Ceccaldi, qui avec les amis de Charles Pasqua, a obtenu 7,81% et se refusait à l'avance à tout compromis.
Dimanche, au second tour, la gauche plurielle a obtenu 16 sièges, la droite plurielle 21, Ceccaldi 5, la majorité absolue étant de 26 sièges. Après de douloureuses négociations, Ceccaldi s'est rallié. José Rossi a obtenu le siège du vieux Jean-Paul Rocca Serra, Jean Baggioni rempile à la tête de l'exécutif, où les sept fauteuils ont été distribués, au sein de la droite, à la proportionnelle. Le poids lourd de l'exécutif est désormais Jean-Claude Guazzelli, chargé des finances et du développement de la Corse. L'homme est pourtant controversé, pas tant parce que ses frères sont fichés au grand banditisme que pour sa gestion du Crédit agricole, dont l'ardoise dépasserait le milliard de francs.




