C'est un réquisitoire qui ne va pas remonter le moral de ses
leaders. Deux semaines après les régionales et le séisme qui a suivi l'élection de présidents de région UDF avec les voix du Front national, l'opinion est sans indulgence pour l'opposition. Et le peuple de droite sans pitié pour les formations censées le représenter. RPR et UDF ont-ils un projet pour l'avenir de la France et des Français? Les sondés interrogés par l'institut Ipsos pour Libération et la Marche du siècle (1) répondent non à 56%. L'avis est majoritaire chez les sympathisants du RPR (48% contre 44%) en dépit du plaidoyer pro domo de Philippe Séguin selon lequel son mouvement aurait un «patron». Parmi les procureurs, beaucoup de ceux qui jugent normal que des dirigeants de droite acceptent les voix du FN pour se faire élire à une présidence de région (59%). Autant dire qu'il faut que l'opposition républicaine apporte une réponse rapide à ces esprits critiques qui représentent près d'un tiers de ses sympathisants. Sinon, elle risque de perdre encore des suffrages aux européennes de 1999 au profit de l'extrême droite.
Les rapports avec le FN. L'avenir de la droite passe-t-il par le Front national? Crûment posée par Charles Millon et ses amis, la question a reçu une réponse négative de la part des états-majors des formations de l'opposition. Jacques Chirac lui-même a pesé dans le débat en qualifiant à la télévision le FN de «parti de nature raciste et xénophobe». La parole présidentielle a, semble-t-il, fai




