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Euro: Comment Juppé s'est joue de Séguin. Il a convaincu le RPR de ne pas participer au vote.

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Publié le 23/04/1998 à 23h29

Question humeur, Philippe Séguin n'est pas à prendre avec des

pincettes. Après avoir préconisé le «non» à la résolution recommandant le passage à l'euro mardi, le président du RPR a dû, hier, manger son chapeau. Sous la pression de l'ancien Premier ministre Alain Juppé, partisan du «oui», le groupe gaulliste à l'Assemblée a finalement décidé de ne pas participer au vote, seule solution pour préserver son unité. Il déposera une motion de censure contre la politique économique du gouvernement. L'UDF a fait savoir aussi sec qu'elle s'associerait à cette démarche.

Enlisement. Philippe Séguin ne s'attendait pas à un tel revirement. Fort du soutien unanime du bureau du groupe acquis la veille, il ouvre le débat devant les députés RPR, hier matin, en expliquant que s'il est pour l'euro, le groupe doit affirmer résolument son «opposition radicale» au gouvernement et ne pas «tomber dans le piège» tendu par Lionel Jospin. Cette position, fait-il valoir, est cohérente avec celle du président de la République. Jean-Pierre Delalande (Val-d'Oise) ne partage pas cet avis. Il se prononce pour l'euro et le oui, suivi par René Galy-Dejean (Paris) et Richard Cazenave (Isère). Xavier Deniau, soi-disant au nom de la défense du franc CFA, puis Louis de Broissia (Côte-d'Or) reviennent au non. La discussion s'enlise, Alain Juppé la sort de l'ornière: «J'ai lu la délibération sur le passage à l'euro. Il n'y a pas un seul mot qui me choque. Nous avons constamment fait une politique pour que la France

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