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Libération
Éditorial

Fronts multiples

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Publié le 23/04/1998 à 23h28

Homme politique de principe, Lionel Jospin veut amener la Corse vers un Etat de droit qu'elle n'a réellement jamais connu. Ce qui implique, à ses yeux, une lutte sur des fronts multiples: non seulement tout doit être fait pour retrouver les assassins du préfet Erignac mais il faut aussi mettre un terme définitif aux «accommodements» occultes avec telle ou telle faction nationaliste et ne plus tolérer la mainmise des clans sur une bonne partie de la manne publique.

Jean-Pierre Chevènement ne défend pas un autre programme, ce qui est bien normal de la part de ce grand prêtre de toutes les valeurs et de toutes les vertus républicaines. Une telle attitude et ce sens profond de la solidarité gouvernementale qu'il aime invoquer le mettent sans aucun doute à l'abri de certaines dérives de ses prédécesseurs. En effet, c'est en se laissant happer dans l'engrenage de tractations douteuses, qui n'ont fait qu'aiguiser l'appétit de ceux qu'elles étaient censées apaiser, que des hommes comme Charles Pasqua et Jean-Louis Debré ont perdu pas mal de leur crédit.

Alors qu'on ne peut pas exclure de graves rebondissements de la crise corse, le gouvernement serait bien avisé de garder à l'esprit ces fâcheux précédents s'il veut mener à bien le projet qu'il s'est fixé. En s'en prenant simultanément à tous ceux qui enfreignent la loi en Corse ­ clans, notables et adeptes de la terreur ­ après des dizaines d'années de laxisme, il devra non seulement veiller à ne pas donner l'impression d'un assaut gé

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