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Libération

Rameur sur une épave.

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Publié le 07/05/1998 à 3h03

On ne rit pas de Jacques Chirac. Fût-il affublé, au troisième

anniversaire de son entrée à l'Elysée, d'un bilan accablant. Trois années qu'un seul mot résume: dissolution. Seul chef d'Etat sous la Ve République à avoir osé user de cette arme nucléaire sans la motiver, il n'en finit pas de subir l'onde de choc par lui créée. Chirac, Président de tous les dégâts. De son camp, divisé mais triomphant en 1995, il a fait une épave. Depuis la défaite législative, la droite irradiée s'enfonce de double en triple fond, en panne d'identité, de valeurs, de programmes et de chefs, déchirée entre gens d'honneur et partisans d'accommodements à courte vue avec l'extrême droite, écartelée entre son trop-plein de quinquagénaires et la fidélité due à un chef d'Etat censé représenter le retour du gaullisme à l'Elysée, mais qui ne supporte guère la comparaison avec l'original. Chirac saura-t-il utiliser les quatre ans qui lui restent pour faire oublier cette dissolution? Il n'aura pas trop de temps pour recouvrer une légitimité déchiquetée par cette défaite. A l'en croire, il fallait retourner aux urnes l'an dernier, car l'euro exigeait un tour de rigueur supplémentaire. Depuis, le vainqueur socialiste patauge dans la croissance" Déficience des hommes du Président ou du Président lui-même? L'intéressé a tout pris sur lui et gardé les conseilleurs. Enfin de la constance, mais dans l'erreur. Car, pour le reste, Chirac, c'est toujours l'inconstance permanente, jusqu'à se caricaturer lui-même. Qui e

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