Arras, Bordeaux envoyés spéciaux
«A mon avis, on va parler d'Alliance ce soir.» En entrant dans la salle de réunion d'Arras, jeudi soir, François Bayrou ne se trompe pas. Depuis une heure, une centaine de militants de Force démocrate l'attendent de pied ferme. Philippe Séguin, président du RPR, et François Léotard, patron de l'UDF, ont annoncé dans l'après-midi la création de l'Alliance, et l'assistance a envie de savoir de quoi il en retourne.
Après une courte introduction de l'ancien ministre de l'Education nationale, c'est Sylvie, une jeune militante, qui pose abruptement la question: «Monsieur Bayrou, cette Alliance, c'est quoi et pour quoi faire?» Et voilà le président de FD, censé boucler un tour de France pour vanter les mérites de la fusion de l'UDF, qui se retrouve contraint de vendre un projet de confédération de la droite dont il vient à peine d'être mis au courant. En bon professionnel, il a déjà rodé sa réponse. «Ce n'est qu'une proposition de confédérer les deux mouvements, il ne s'agit pas de supprimer les partis. Chacun garde son identité.»
«Traditions». Les militants, déjà complètement déboussolés par la crise qui secoue la confédération libéralo-centriste depuis les élections régionales, ne se laissent pas facilement convaincre. L'un d'eux se lance: «Vous nous parlez de droite plurielle, pourquoi ne pas avoir proposé un parti unique de l'opposition comme il en existe dans d'autres grands pays?» Bayrou, plutôt content que l'on puisse penser qu'il a joué un rôl




