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Chômage: la droite prédit à Jospin un destin à la Rocard. Pour elle, l'embellie rappelle celle de 1988... avant la rechute.

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Publié le 02/07/1998 à 6h59

L'embellie Jospin, sur le front du chômage, durera-t-elle ce qu'a

duré l'embellie Rocard il y a dix ans, c'est-à-dire le temps d'un feu de paille? La formule se répand dans les rangs de la droite rendue de plus en plus nerveuse par la baisse parcimonieuse mais réelle des chiffres du chômage depuis octobre (lire encadré). Mardi, Alain Madelin s'est fait un plaisir de tirer publiquement la première salve: «II y a une grande parenté entre la politique Jospin 1998 et la politique Rocard de 1988 qui avait bénéficié d'une phase de croissance ayant permis en deux ans la création de 800 000 emplois.» Si le président de Démocratie libérale se «réjouit» de l'actuelle diminution du nombre de chômeurs, c'est pour mieux insister sur la comparaison des années Rocard et Jospin. «Nous n'avions pas profité de cette embellie pour faire les réformes qui s'imposaient. II y a vraiment une grande parenté entre les deux, si j'en juge par la préparation du budget 1999», affirme le député d'Ille-et-Vilaine. «La croissance est une vague qui touche toute l'Europe, mais si on charge la barque des frais de fonctionnement de l'Etat, on aura un retour de manivelle à la Rocard», renchérit Gilles de Robien, député (UDF) de la Somme. Vent frais. La comparaison n'est évidemment pas innocente. L'embellie Rocard s'était subitement retournée comme une crêpe, après deux années de forte croissance, supérieure à 4%, en 1988 et 1989. Malgré les «plans emplois» annuels du Premier ministre, le vent frais de la conjonc

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