C'est un Premier ministre à qui tout réussissait et qui, du coup,
voulait faire le bonheur de tout le monde. Mais tout seul, dans son coin, oublieux de cette leçon de l'Histoire qu'on ne fait pas le bonheur des gens contre eux. Interrogés, ces dernières semaines, sur les réticences de leurs alliés quant à la réforme du mode de scrutin européen, les amis de Lionel Jospin avaient une imparable réponse: «Vous êtes sûrs qu'ils sont vraiment contre? Vous ne voyez pas qu'il y a une part de double jeu"» Et les socialistes de tenter de convaincre que cette réforme, en vérité, satisfaisait ses opposants. Le refus des communistes? Ce n'est pas l'intérêt de Robert Hue, expliquait-on, que de conduire ou de soutenir une liste, en juin 1999, qui souffrira de la concurrence des partisans d'une extrême gauche trotsko-bourdieusienne parée du slogan publicitaire «Pour une vraie gauche». L'opposition verte? Dominique Voynet, ajoutait-on, pourrait éviter, avec cette réforme, d'offrir une scène nationale à Daniel Cohn-Bendit. Fût-il numéro 2 d'une liste écologiste derrière le ministre, celui-ci deviendrait le vrai leader des Verts, fort d'une liberté de parole que n'a pas un membre du gouvernement" Les socialistes avaient réponse à tout. Leur logique était imparable. Mais elle n'a pas réduit, au contraire, les critiques de quatre des cinq composantes de la gauche plurielle. Jospin, qui s'est bâti une image d'homme de dialogue et de concertation, s'est retrouvé ainsi à contre-emploi, affublé du r




