A Bercy, on s'impatiente un peu. «Il faut que nous soyons capables
de maîtriser ces comptes sociaux, qui n'ont pas de raison de dériver sous prétexte que le climat économique et social est plus favorable», a déclaré, hier, Dominique Strauss-Kahn. Le ministre de l'Economie ne voit pas d'un bon oeil les beaux fruits de la croissance potentiellement grignotés par les dérapages mal contrôlés des dépenses d'assurance maladie. Si le «rythme très fort, très inquiétant» de ces dépenses se poursuivait, il y aurait le «risque d'un dépassement de l'ordre de 5 milliards de francs» par rapport aux objectifs prévus (4,9 milliards de déficit en 1998 pour la seule branche maladie). «Pas envisageable», a conclu DSK. Martine Aubry appréciera la critique implicite de son collègue du gouvernement, au moment même où, dans le Figaro, Alain Juppé et ses deux anciens ministres chargés de la Santé dénoncent «l'immobilisme» de l'équipe Jospin sur le sujet.
«Logique comptable». Lundi, Martine Aubry devrait donc présenter des «mesures fortes» pour endiguer la dérive. Un délai nécessaire pour attendre l'avis que doit rendre aujourd'hui le Conseil d'Etat sur la convention qui, depuis le plan Juppé, lie les médecins généralistes et la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam). La semaine dernière, le commissaire du gouvernement (malgré son nom, il ne le représente pas) avait plaidé en faveur de l'annulation de l'accord. La ministre de la Solidarité, qui a toujours critiqué la «logique comptable» de Juppé,




