La communication à Matignon a un peu patiné sur l'accident
opératoire de Jean-Pierre Chevènement. Pendant vingt-quatre heures, les services du Premier ministre ont soutenu avec aplomb que tout allait pour le mieux. Pourtant, dès mercredi midi, les autorités militaires du Val-de-Grâce préviennent leur ministère de tutelle, Alain Richard, ministre de la Défense, que Jean-Pierre Chevènement est dans le coma. Alain Richard saisit immédiatement le Premier ministre, et il est décidé de laisser croire que tout va pour le mieux pour le patient.
Le cabinet du ministre de l'Intérieur s'emploie mercredi à «rassurer tout le monde», notamment les amis de Belfort qui apprennent avec soulagement que «tout s'est bien passé». L'information, pourtant, commence à courir. Au Mouvement des citoyens, quelques rares privilégiés savent que «c'est grave» mais ont pour consigne de répondre que ce n'est qu'une rumeur. Libération, mercredi à 23 h 15, interroge Matignon: le conseiller de permanence répond qu'il a consulté Manuel Valls, le responsable de la communication de Lionel Jospin, et que «tout va bien». Philippe Barret, conseiller du ministre de l'Intérieur, dément lui aussi quelques minutes plus tard quelque incident que ce soit.
Ce n'est qu'hier matin, via l'Agence France-Presse, que le secret défense est levé par petites touches. A 10 h 36. Jean-Pierre Chevènement a été victime d'une «complication opératoire». A 10 h 49, il a eu un «arrêt cardiaque» mais a pu être ranimé. Lionel Jospin indique




