C'est l'élection de tous les dangers. Celle qui feint d'être
accessoire, mais qui recompose jusqu'à sortir de scène les plus grands. Michel Rocard en est l'archétype, qui mangea la poussière lors de la dernière édition et y laissa son statut de présidentiable et de leader de la gauche socialiste. Simone Veil, première de cordée centriste, avait pu mesurer les limites de sa popularité en 1989. On comprend qu'instruit par ces précédents, Philippe Séguin passe déjà l'étape de juin prochain par pertes et profits et préfère avoir comme «objectif majeur» les législatives de 2002. Plus encore qu'à l'ordinaire, les prochaines européennes vont être lourdes d'enjeu pour la vie politique française, échéance cruciale pour le devenir de plusieurs. Seront-elles une nouvelle étape de la décomposition de la droite? C'est pour éviter qu'elles ne le soient que Jacques Chirac, au sortir des régionales, plaidait pour une réforme du mode de scrutin. Lionel Jospin était prêt à lui faire cette fleur. Ses amis ne l'ont pas voulu. Du coup, l'affaire va se payer comptant. Tête d'une liste unique de l'Alliance, Séguin, en cas de score correct, pourrait y gagner le pardon pour son passé antimaastrichtien, ce qui n'est pas rien pour qui ambitionne la présidence de la République. Mais il peut aussi y perdre son avenir si une liste Pasqua dissidente lui faisait côtoyer de trop près le score du Front national. Comme la droite n'a pas les moyens aujourd'hui de s'offrir trois listes, contrairement à ce que




