Face aux médecins qui boudent, Martine Aubry a réussi à trouver des gens heureux: les pharmaciens. Quarante-huit heures après la présentation de son projet de loi sur le financement de la Sécurité sociale, la ministre de rel'Emploi et de la Solidarité, accompagnée du secrétaire d'Etat à la Santé, Bernard Kouchner, a signé hier un protocole d'accord avec les pharmaciens. Dans le projet de loi qui doit être présenté en Conseil des ministres le 7 octobre, ces derniers vont désormais bénéficier d'un nouveau droit, celui de remplacer un médicament prescrit sur une ordonnance par sa copie moins chère, le générique, sauf si le médecin s'y oppose formellement. D'où un nécessaire accord avec cette profession pour ne pas rogner ses marges (les 22 000 officines françaises réalisent 85% de leur chiffre d'affaires sur les médicaments remboursables, avec, en moyenne, 25,20% de marge sur chaque vignette). Il y aura donc soit un système de forfaits, soit un bonus spécial, «pour que la profession supporte mieux le choc de la maîtrise des dépenses», souligne Bernard Capdeville, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France. Lequel se réjouit d'être un partenaire de la maîtrise des dépenses plutôt qu'un «opposant stérile». Du coup, les pharmaciens font volte-face sur la carte Sesam-Vitale. Après avoir voulu boycotter la feuille de soins électronique, ils l'accueillent avec bienveillance. L'affaire a son importance pour Martine Aubry: la profession est informatisée à 80%.
Le projet Aubry séduit les pharmaciens.
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Ils sont associés à la maîtrise des dépenses.
Publié le 25/09/1998 à 10h28, mis à jour le 25/09/1998 à 10h28
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