Fini le temps où les socialistes pouvaient se défausser sur
l'Europe. Désormais, elle est entre leurs mains. Ils sont partout aux commandes, à l'exception de l'Irlande et de l'Espagne. Et c'est pour cela que la table ronde sur l'emploi, des sociaux-démocrates européens, aujourd'hui à la Mutualité à Paris, prend un sens. Ça ne sera pas la plus recherchée des photos de famille, avec Tony Blair, Gerhard Schröder et Lionel Jospin bras dessus bras dessous. Le Labour n'envoie que l'un de ses députés, le SPD en pleine distribution des portefeuilles ministériels a annulé la venue d'Oskar Lafontaine. Mais Lionel Jospin, lui, sera là, entouré notamment de Martine Aubry et de Jacques Delors. A chacun son colloque. Les socialistes français n'avaient pas apprécié que Tony Blair s'en aille chercher une troisième voie, à New York le 21 septembre, au côté de Bill Clinton, sans même penser à inviter leur champion. Pierre Guidoni, secrétaire national aux relations internationales, en fait un récit assassin, cette semaine, dans le journal du PS: «La réunion où devait être définie la "troisième voie entre le socialisme (obsolète) et le conservatisme néolibéral (excessif) s'est donc résumée à une conversation de deux heures entre quatre leaders, dont il est assez difficile de savoir pourquoi ils seraient plus qualifiés que d'autres pour définir les contours d'un nouveau progressisme planétaire.»
Mais puisque le discours libéral doit en rabattre après les crises monétaires de Russie et d'Asie, un




