Depuis qu'il est président de la République, Jacques Chirac n'avait
jamais eu d'occasion sérieuse pour exprimer ses convictions écologiques. Hier, profitant de la célébration à Fontainebleau du cinquantième anniversaire de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), il a mis les bouchées doubles: appel à la création d'une «autorité mondiale» de l'environnement, critique de la mise en oeuvre laborieuse des grands traités internationaux, plaidoyer pour la prise en compte de l'environnement au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), avis personnel sur les négociations qui viennent de débuter à Buenos Aires sur les changements climatiques, invitation à la communauté internationale de venir débattre en France, l'année prochaine, des modalités de financement des transferts de technologie vers les pays pauvres" A quelques tournures près, son discours aurait pu être prononcé par un militant écologiste.
Parterre. Dominique Voynet, ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement, était d'ailleurs dans la salle, au milieu d'un parterre prestigieux de chefs d'Etat, la plupart africains. L'ancienne ministre d'Alain Juppé Corinne Lepage figurait aussi dans les premiers rangs, à quelques chaises de Nicolas Hulot, un des conseillers privés du président de la République en matière d'environnement. Car l'UICN, plus grande organisation de conservation de la nature au monde, dont le sigle est méconnu du public, est une respectable maison dotée de gro




