Un peu plus loin qu'hier et bien moins que demain, ainsi vont les
mots de Michel Rocard dès qu'il s'agit de François Mitterrand. L'adage qui sied à l'amour vaut pour son contraire, donc pour les relations de haine. «Exécrables», ainsi Michel Rocard qualifie-t-il ses rapports avec l'ancien chef de l'Etat. Et il reste probablement quelques tons en dessous de son ressentiment. Même lorsqu'il dit, à la très conventionnelle Revue de droit public: «Mon vrai problème, c'était que Mitterrand n'était pas un honnête homme.» «Barreur de petit temps». Croit-il que l'affaire Elf, en voie d'être rebaptisée Dumas, rouvrira l'instruction des années Mitterrand? Croit-il que du coup il sera moins seul? Elle active en tout cas sa démangeaison à parler. Le ramène au temps où il était Premier ministre et où se décidait la vente des frégates et Mirage à Taiwan, au coeur du dossier Elf. A l'époque de l'affaire Habache, début 1992, où Roland Dumas le traitait de «barreur de petit temps» parce qu'il s'était étonné qu'il n'y ait que des fonctionnaires à être sanctionnés pour l'accueil en France du dirigeant palestinien.
Dès le mois de février dernier, dans le Journal du dimanche, Michel Rocard profitait de l'affaire Elf pour régler quelques comptes avec le passé: «Par une sorte d'esthétisme, le président de la République aimait à s'entourer de gens un peu à la limite.» Avant l'été, il répond à la Revue de droit public qui sort aujourd'hui. Il y va crescendo: «Ma religion était assez faite sur les atti




