Gare aux sourires du Premier ministre. Le 20 janvier dernier, Lionel
Jospin recevait les dirigeants du Parti socialiste pour leur présenter ses voeux. Et leur souhaiter bon vent pour les élections. «Vous devez vous préparer pour la campagne européenne dans laquelle François jouera un premier rôle.» Rires. Il ajoute, l'air entendu: «Mais bon, je n'insiste pas.» Il ne faut pas se méprendre sur les sourires du Premier ministre. Il n'est pas homme à laisser filer une once de son autorité, à laisser à d'autres le soin de décider d'un événement qui le regarde au premier chef. Non, François Hollande n'est pas un homme «libre», comme il l'a déclaré. On lui a collé un numéro: le un de la liste PS pour le scrutin du 13 juin.
Le sourire du Premier ministre trahit-il son assurance de voir le Premier secrétaire se faire violence, et finalement se résoudre à tirer la liste socialiste en juin prochain? On dirait. D'ores et déjà le PS, qui attendait paisiblement la fin mars pour dévoiler son dispositif de campagne, fait savoir qu'il sera connu ce mois-ci. Dans le bureau du premier secrétaire, rue de Solférino, c'est un amical défilé. «Le grand public va te découvrir!» ça c'est pour lui faire oublier la lecture du dernier baromètre de popularité qui place François Hollande derrière Robert Hue et Alain Juppé. «Tu diras que tu avais 11 ans en 1968», ça c'est pour le décomplexer, face au jeu oratoire de Cohn-Bendit qui a vite fait de faire passer un dirigeant socialiste pour «la gauche pingouin




