Ajaccio, envoyé spécial.
Emile Zuccarelli s'est fait porter pâle, il avait hier un Conseil des ministres à Paris qui tombait à point nommé, et il n'était pas trop fâché de laisser le radical Paul Giacobbi les mains dans le cambouis. Ce matin à Ajaccio, les conseillers territoriaux issus du scrutin de dimanche élisent les présidents de l'assemblée et de l'exécutif corse, et ce troisième tour donne toujours lieu à d'amusantes combinaisons, entre vrais professionnels. Mais cette fois, la majorité est incertaine et la gauche a passé la journée d'hier à manoeuvrer en terrain lourd pour s'allier avec une fraction de la droite et évincer le clan libéral, aux commandes depuis la nuit des temps.
Giacobbi, qui n'a pas l'odorat trop délicat, s'est chargé de l'affaire. Le fils du défunt chef de clan MRG de Haute-Corse est un homme pressé: il a lâché du lest aux nationalistes l'an dernier, en affirmant dans U Ribombu, l'hebdomadaire proche du FLNC-Canal historique, qu'il souhaitait rendre le corse obligatoire et supprimer les conseils généraux, ce qui est inhabituel pour un président du conseil général. Juste avant, il avait pris le département de Haute-Corse à la hussarde, en retournant, dans des conditions mystérieuses, un conseiller de droite qui s'est mis tout à coup à voter contre son camp.
Giacobbi s'ennuie. Il dirige la Haute-Corse, mais Zuccarelli, ex-maire de Bastia, lui fait de l'ombre. Le ministre de la Fonction publique s'efforce pourtant d'être d'une exquise discrétion, mais c




