Pour parler de l'Europe, les socialistes ont un nouveau mot: la
nation. Si chère aux eurosceptiques, la voilà qui fait irruption dans le vocabulaire PS. Les socialistes français, réunis ce week-end en convention, parlent aujourd'hui d'une fédération d'Etats- nations. Subtil maniement des contraires, habile exercice d'équilibre. Simple réflexe jospiniste, finalement. La nation ne figurait nulle part dans la plate-forme du PS pour les européennes de 1994. Il n'y était question que de la marche vers l'euro, les socialistes corrigeant la construction monétaire avec des propositions pour l'emploi. «L'Europe oui, mais solidaire», disaient leurs affiches. Au correctif social s'en ajoute désormais un autre: la fibre nationale. L'assemblage PS-MDC n'a peut-être pas que des vertus sur les décomptes internes à la majorité plurielle. Saupoudrer un peu de chevènementisme sur le programme PS, c'est se recaler sur l'air du temps, qui ne tient pas l'Europe en bonne estime. La prose socialiste sur l'Europe présente tous les symptômes d'un discours contrarié.
Vents contraires. Leur fédération d'Etats-nations, les socialistes la racontent à coups de balancier: «En assumant le fédéralisme nécessaire à l'existence d'une Europe bénéfique pour les peuples" tout en réaffirmant les compétences essentielles de la nation"» Ainsi le PS tire-t-il des bords pour se concilier les vents contraires. Avec la «nation», d'autres mots ressuscitent: revoilà les «peuples». Marche arrière? En 1994, les socialistes




