Strasbourg , de notre correspondante
La paisible cohabitation strasbourgeoise n'est plus ce qu'elle était. Depuis bientôt deux ans, Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg, vivait en bonne intelligence avec l'ancien maire, Catherine Trautmann, partie à Paris présider aux destinées du ministère de la Culture et de la Communication. Selon un «contrat moral» (et verbal) maintes fois réitéré, il était entendu que le premier rende son écharpe à la seconde dès qu'elle manifesterait la volonté de revenir en terre alsacienne (lire Libération du 22 février). En théorie, c'était tout simple. C'était surtout unique: Catherine Trautmann est le seul ministre du gouvernement Jospin à avoir loyalement joué le jeu du non-cumul, redevenant simple conseillère municipale de base et non première adjointe avec droit de regard sur tout.
Mais ce bel arrangement est entré ce week-end dans une zone de turbulences, probablement la plus sérieuse depuis deux ans. Dans une interview au quotidien l'Alsace publié hier, Roland Ries, qui a engrangé de jolies réussites à la tête de la mairie et n'a manifestement aucune envie de retrouver le poste de premier adjoint qu'il occupait jusqu'en 1997, pose ses conditions au respect du «contrat moral». «Un retour au statu quo me paraît impossible, voire suicidaire au plan électoral. Ce qu'il faut imaginer, c'est un tandem, c'est-à-dire (") une répartition nouvelle des tâches entre elle et moi», explique-t-il. En clair, à l'un la mairie de Strasbourg, à l'autre la prési




