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Chirac monte au front la fleur au fusil. Il reprend la main sans chercher à déstabiliser Jospin.

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Publié le 15/04/1999 à 0h43

Il ne pense qu'à ça. Il ne vit que pour ça. La guerre au Kosovo a

redonné ses galons à Jacques Chirac. Et mis entre parenthèse la cohabitation. Du coup, voilà le chef de l'Etat qui refonctionne à plein. Sans donner l'impression d'être à la traîne du Premier ministre, à sa remorque comme il le fut début décembre sur la modernisation de la vie politique. Les crises ont du bon. A l'Elysée, certains conseillers feignent pourtant de croire qu'il n'y a rien de changé, «juste une intensification de la machinerie habituelle», mais précisent, l'air de rien, que l'engagement de la France a mis à mal certaines interprétations de la Ve Constitution, notamment celles sur les deux têtes de l'exécutif émises par Lionel Jospin. En clair, il y a le président de la République, chef des armées, et le Premier ministre, qui suit. Les mêmes assurent aussi que frappes ou non, Jacques Chirac reste identique à lui-même. Sans parler de métamorphose, les visiteurs qui l'approchent observent pourtant des modifications dans le comportement du chef de l'Etat. «Chirac est plus à l'aise.» «Il est pétulant. Il fait preuve d'un dynamisme et d'une gaîté inhabituels», observe un ministre socialiste. L'un des visiteurs réguliers du Président remarque: «Chirac est à la fois plus à l'aise et plus concentré. Il tourne à plein. Il connaît parfaitement son dossier. Du coup son expression, son rythme verbal est plus rapide, moins prudent. Même physiquement ça se sent. Il marche en parlant, ce qui n'était pas le ca

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