Menu
Libération

Ajaccio hésite entre le rire et la colère. Les insulaires sont confortés dans leur méfiance envers l'Etat.

Réservé aux abonnés

Publié le 28/04/1999 à 0h29

Ajaccio, envoyé spécial.

L'homme hésite, comme les autres, entre le rire, l'incrédulité et l'expectative. A deux pas de la préfecture d'Ajaccio, le passant opte finalement pour l'humour. A l'origine, les blagues anti-Bernard Bonnet étaient plutôt anodines: «S'il pleut, c'est de sa faute.» Maintenant, l'humour corse tourne plus rude. Hier matin, en allusion à la convocation du préfet à Paris, c'était: «Est-ce que Bernard a pris un aller simple ou un aller-retour?» Et, partout dans la ville, chacun y va de sa version sur le sigle GPS. Il y a les tenants du «Groupe de pyromanes spécialisés», et ceux du «groupe de pyromanes stagiaires».

Les indépendantistes de la Cuncolta Indipendentista affichent le sourire des grands jours. L'affaire? «Pain bénit.» Inespérée, presque. Et les bénéfices, sans être forcément durables, sont immédiats. Passants, commerçants, partisans ou non d'un Etat fort, donnent l'impression d'être à l'unisson. Bien sûr, les questions fusent. Pourquoi? Comment? Qui? Et les paillotes, quel enjeu? Chez Francis, première opération d'une série à venir, ou «barbouzerie» d'une série déjà entamée? N'empêche, c'est un bruit sourd qui saisit peu à peu la ville. Une sorte de petite revanche masquée sur Bernard Bonnet, «vice-roi de Corse». Car ils sont rares, comme cette dame, à imaginer «une manoeuvre contre le Préfet». Rares à lui exprimer publiquement leur soutien, même chez ceux qui avaient défilé après la mort d'Erignac.

«Bien fait pour lui». Christophe, médecin: «Après

Dans la même rubrique