Portrait paru dans Libération en mai 1999.
Ce jour-là, elle a troqué sa jupe en cuir noir pour un pantalon de même couleur. Les jambes longues dissimulent une gouttière. La première dame de France a chuté sur une neige de printemps, tête la première, et le genou est luxé. «A mon retour, j’ai bien été obligée de dire à mon mari que j’étais partie skier. J’ai attendu la fin du dîner. Il n’avait rien vu. Je lui ai dit : “Vous êtes de bonne humeur ? Parce que j’ai quelque chose à vous annoncer.”» Jacques qui ne voit rien et Bernadette qui redoute de se faire attraper.
Elle reçoit son visiteur, non sans appréhension. «Je suis très inquiète parce que je ne dis pas des choses intéressantes.» Epouse du chef de l’Etat, elle s’expose peu mais quand elle le fait, contre le Pacs, la parité, elle parle carré. D’entrée, elle cherche à se prémunir. Contre le lieu commun ou la caricature. La saynète des Guignols où elle se caressait avec son sac à main l’a traumatisée. Elle cherche encore la faute qu’elle aurait commise pour mériter ça. «Toutes les femmes ont un sac à main. Et j’essaie d’avoir ce qu’il y a de plus petit. Il faut bien quand même que j’ai le minimum.»
Appliquée, elle a sorti de sa collection de Libération, un portrait d’Anne Brochet, actrice de verre : «Regardez cette fille, elle est superbe, mais moi, je ne suis pas photogénique.» A chaque question, elle s’inquiète de l’image qu’elle donne. «Ne dites pas que je suis une




