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Analyse

La question piège de la responsabilité politique.Elle oscille au gré de l'opportunisme des élus. Une clarification s'impose.

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Publié le 12/05/1999 à 0h58

La responsabilité politique est en crise. Qu'est-elle, comment

s'applique-t-elle et qui contrôle son application? Ces questions, sous la Ve République, sont sans réponses évidentes, consensuelles, admises par tous. Chacun a la sienne, ce qui, en l'espèce, est la pire des choses. Car cela ajoute à la perte de repères, au sentiment d'impunité, donc à la crise du politique. L'affaire des paillotes le démontre, une fois de plus, jusqu'à la caricature. «Que signifie pour vous une responsabilité politique?» a demandé, hier, Hervé de Charette à Lionel Jospin. L'ancien ministre UDF poursuivait l'offensive de l'opposition contre un gouvernement qui «refuse», dit-elle, «d'assumer sa responsabilité politique». L'équipe Jospin est-elle responsable ou incompétente? Tel est l'étau dans lequel la droite essaie de l'enfermer. Soit elle connaissait les agissements illégaux des représentants de l'Etat sur l'île, et, dans ce cas, elle est responsable et même coupable, soit elle ne savait pas, et alors elle est incompétente. Vieil étau dont François Mitterrand usait déjà en 1965 à propos de l'affaire Ben Barka: «De Gaulle, ayant tous les pouvoirs, sait tout, et c'est trop. Ou il ne sait rien, et ce n'est pas assez!» Quel que soit le terme de l'alternative, la droite croit ainsi l'emporter à tous coups.

Simple, sa conception de la responsabilité n'est pas sans fondement: une autorité de tutelle doit «assumer» les errements de ses subordonnés, fussent-ils commis à son insu. Que signifie assumer, e

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