Grand déballage de printemps. Tout à la fois unie et désunie, la droite s'enflamme aujourd'hui à l'Assemblée. Les têtes de liste RPR et UDF, Nicolas Sarkozy et François Bayrou, vont défendre aujourd'hui la motion de censure déposée par leurs groupes sur la Corse. Le président de DL, Alain Madelin, s'est fait remplacer par son secrétaire général, Jacques Dominati. Le texte de la motion précise que «de hauts fonctionnaires représentant l'Etat ont reconnu avoir été à l'origine» d'actes criminels dans la nuit du 19 au 20 avril, avant de conclure que le gouvernement était «soit dans l'ignorance de ce qui allait être exécuté, ce qui représenterait un dysfonctionnement majeur des pouvoirs publics, soit (") informé des actes perpétrés par ses représentants, ce qui constituerait alors une atteinte d'une extrême gravité portée aux principes fondamentaux d'un Etat de droit».
Pour la forme, la droite fait front commun. Sur le fond, c'est plus délicat. Début mai, Jean-Louis Debré, président du groupe gaulliste à l'Assemblée, avait bloqué l'attaque frontale préconisée par l'UDF et DL, préférant, avec l'aval de l'Elysée, une stratégie du harcèlement, nourrie au fil des jours par les révélations judiciaires. Ces dernières étant plus rares et la pression de la base parlementaire plus pressante, le RPR s'est rallié au principe de la motion de censure. Le 18 mai, non sans mal, les trois présidents de groupe se sont mis d'accord.
A la recherche d'un second souffle, les leaders RPR et UDF, qui se




